À l’∞ | Josée Brouillard

Dans le cadre de son programme de résidences, le Studio XX est heureux d’accueillir, du 6 janvier au 2 mars 2014, Josée Brouillard avec son projet À l’∞.

Collaborateur : Pierre Électrique

À l’∞ est un projet d’installation constitué d’un écran incurvé de lumières DEL. Cet écran, d’une dimension approximative de 4 pieds de largeur par 6 pieds de hauteur, est relié à un pivot. Lorsque mis en mouvement par un moteur, l’écran trace une trajectoire circulaire d’environ 6 pieds de diamètre.

Les lumières DEL servent à afficher des images vidéo. Par scintillement, les points lumineux révèlent une forme humaine minimaliste de grandeur nature. Cette forme humaine marche, court, s’épuise, s’effondre, se relève et poursuit sa course à contre sens. En pratique, la forme humaine bouge sur place. Le mouvement de rotation de l’écran donne l’impression qu’elle court en rond, qu’elle se déplace dans l’espace réel. Une trame sonore accompagne la séquence d’images et les émotions représentées. Le son se déplace dans l’espace avec l’écran.

Le personnage incarne plusieurs émotions qu’il transmet à travers sa réalité physique, par le simple geste de courir et tomber. Parfois énergique, parfois désespérée, la course devient une image poétique des états d’âme chez l’humain.

Le mouvement rotatif de l’écran permet à l’image du coureur de se déplacer dans l’espace réel et de ne pas être confiné à l’intérieur des limites d’un moniteur vidéo traditionnel. Lorsque que le spectateur regarde l’installation, il ne peut voir toutes les images, à moins de se déplacer constamment et de suivre le mouvement de rotation de l’écran. Ainsi, il doit imaginer comment le personnage a évolué à travers chacune des émotions.

Démarche artistique

Basé sur une exploration de matériaux, le travail de Josée Brouillard cherche à repousser les limites du médium vidéo, tout particulièrement le mode de diffusion. Le support technologique est son premier intérêt. Elle construit des dispositifs à partir de composantes électroniques modifiées ou fabriquées sur mesure. Ce processus se rapproche du bricolage.

Ses dispositifs tentent de changer la lecture de l’image vidéo, lui donner une esthétique atemporelle et inédite. Les images sont épurées, noir et blanc, très contrastées et de basse résolution. La lumière est une composante centrale dans sa pratique. Elle contribue à sculpter des images vidéo qui s’imposent dans l’espace physique et tente ainsi de s’écarter du mode de présentation de la vidéo traditionnellement bidimensionnelle.

Le corps humain est souvent représenté dans ses vidéos. Il exécute des mouvements simples, lents et répétés pour exprimer différents états d’âmes. Le spectateur peut s’identifier à ce corps humain, ressentir les émotions de ce dernier et ainsi édifier un pont fictif entre l’espace vidéo et l’espace réel. Son travail engage le spectateur dans une expérience visuelle et émotive inattendue.




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